Deux petits tours et puis s’en va ?
En cas de défaite, Nicolas Sarkozy avait annoncé qu’il arrêterait la politique.
Il avait même prévenu :
« vous n’entendrez plus parler de moi si je suis battu ».
Dans son discours, le soir du deuxième tour des élections présidentielles, il a confirmé :
« Je porte toute la responsabilité de cette défaite (…). Il me faut en tirer toutes les conséquences (…). Je ne suis pas un homme qui n’assume pas ses responsabilités. »
L’ex-président de la République a également répété le lendemain à ses collaborateurs :
“Une page se tourne pour moi. Je ne serai pas candidat aux législatives, ni aux élections à venir”.
Pourtant, s’il arrête la politique, à 57 ans, il est encore loin de l’âge de la retraite… Va-t-il reprendre son métier d’avocat, se lancer dans les affaires, faire des conférences comme Bill Clinton, l’ancien président des USA ? Lui seul le sait… Aucune urgence, en tout cas, puisqu’un ancien président bénéficie d’avantages à vie : une pension (5000 €), une voiture de fonction avec deux chauffeurs et sept collaborateurs (un chef de cabinet, deux assistants, un fonctionnaire des archives nationales et trois secrétaires).
À cela s’ajoute la gratuité des voyages sur Air France et à la SNCF et une indemnité de 11 500 € mensuels s’il décide de siéger au Conseil Constitutionnel, un droit accordé jusqu’à présent à tous les anciens présidents.
Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy souhaiterait reprendre une vie plus calme, profiter de sa famille, et… prendre des vacances ! Mais s’il se dit prêt à quitter la politique… la politique le quittera-t-elle ?
Est-il facile de redevenir “un Français parmi les Français” quand on a gouverné la France ?
Que sa décision soit sincère ou tactique (il est parfois bon de se faire désirer en politique), elle n’est pas irrévocable. Nicolas Sarkozy est jeune pour un politicien. Il part sur une défaite, mais avec un score plus qu’honorable. Ses électeurs et ses amis politiques soulignent qu’il a parlé d’un « engagement différent » et non de la fin de tout engagement…
Ils ont sur les lèvres la chanson de Barbara : “Dis, quand reviendras-tu ? Dis, au moins le sais-tu ?”.
Alors, Nicolas, reviendra, reviendra pas ? Seul le temps nous le dira…
Bénédicte Bazaille, chef de rubrique du magazine Toboggan
